Invité de l’émission Amuse-bouche diffusée sur YouTube, Ahmed Sylla, en pleurs, se confie sur une personne et des événements qui ont changé sa vie…Des confidences vraiment bouleversantes !
Humoriste et acteur français d’origine sénégalaise, Ahmed Sylla a conquis le cœur de plusieurs milliers de personnes dans les quatre coins du globe à travers des sketchs, stand-ups comiques et en interprétant des personnages truculents à l’écran. L’homme, connu pour son humour bon enfant et son énergie débordante, se confie très peu sur son adolescence et les moments pénibles de sa vie.
Pourtant, face à Roman Frayssinet et son équipe, Ahmed Sylla a fait des confidences aussi bien bouleversantes que émouvantes.
L’humoriste confie avoir, plus jeune, fait des choix risqués et des bêtises. Et ce, dans l’unique but de plaire et de gagner le respect dans son entourage.
«Tu veux qu’on t’aime mais différemment tu veux qu’on te respecte. Tu veux qu’on te donne une espèce de street cred. Donc, je commence à faire des bêtises et au début je me donne l’excuse de « C’est pour aider mon daron ». Sauf que c’est un engrenage. Tu commences à fréquenter des personnes et à faire des choses qui peuvent te mettre dans la merde. Je fais tout ça et ça part vraiment en cacahuètes pour moi.»
Ahmed Sylla sur «Amuse-bouche»
Violence, fusillades, meurtres : une série d’épreuves bouleversantes et traumatisantes.
Deux situations aussi traumatisantes l’une que l’autre ont fait prendre conscience à Ahmed Sylla : le meurtre de son ami, Toko, et une fusillade qu’il a vécu.
Replonger dans son passé n’a pas été chose aisée pour l’humoriste. L’interview prit une tournure un peu plus émotive dès le moment où il mentionna Toko; celui-même qui avait prédit qu’il serait célèbre bien avant qu’il ne se lance dans la comédie. Ahmed Sylla continue ses confidences, mouchoir à la main et larmes aux yeux.
«En 2008, je perds un de mes meilleurs amis. Il s’appelle Toko. Il a 21 ans, le 4 septembre 2008. Il se fait tuer dans mon quartier. Donc, une mort très violente. […] Je vois mon pote par terre. Il est criblé de balles. Et il s’était fait tuer par des gens avec qui on avait grandi. En fait, je suis ému parce que c’est le premier qui m’a dit : « Tu vas percer. Tu vas être quelqu’un. » Et j’ai failli le rejoindre quelques années plus tard.»
Ahmed Sylla, confessions sur «Amuse-bouche»
De fil en aiguille, ses fréquentations peu recommandables l’ont amené à vivre une expérience dangereuse. Ahmed Sylla a frôlé la mort.
Un soir au volant après une virée nocturne, il affirme avoir remarqué que ses deux copains et lui étaient pris en filature. Sa réputation d’humoriste dans le quartier les a tirés d’affaires en premier lieu. Malheureusement, le tempérament chaud d’un ami a transformé la scène en une courte fusillade.
«Mon pote a la main explosée. Ça explose la vitre. J’ai du sang de mon pote sur mon t-shirt. Et je suis tétanisé, j’arrive plus à conduire. […] Je me suis vu mourir à ce moment-là.»
C’est ce qui lui a d’ailleurs fait prendre conscience du danger qu’il encourt s’il continuait dans cette lancée. Il comprit qu’une telle vie n’était pas faite pour lui.
«Et là je me dis ou je décède, ou je vais en prison ou j’arrête mes conneries. »
Ahmed Sylla déplore le nombre de personnes prises au piège dans un tel engrenage. Il a mal pour «les petits frères et petits de 14 ans qui meurent».
En conclusion, l’humoriste avoue que l’interview lui a fait du bien.
«Je pleure mais je ne suis pas triste.»
Ardiès Sianou





