Le Bénin subit depuis le 1er décembre 2021, des attaques djihadistes dans la partie nord de son territoire. Une situation qui confirme le fait que ce pays de l’Afrique de l’Ouest est la nouvelle cible des groupes islamistes. Le mardi 08 et le jeudi 10 février 2022, 09 personnes ont été tuées dans une autre attaque dans le parc national W.
Au nord du Bénin, la portion de terre dénommée « Point triple » est une zone frontalière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Cette partie que doit prendre en charge les trois pays est considérée depuis peu comme une zone critique en raison des actions terroristes observées. « Cet espace qui jusqu’alors n’a pas encore fait l’objet d’une action conjuguée des trois pays concernés, est également un repaire de braconniers. C’est en allant débusquer ceux-ci, le 8 février 2022 qu’une patrouille de garde forestiers d’African Parks Network (APN) est tombée sur un engin explosif improvisé ainsi qu’une deuxième patrouille dans les mêmes circonstances, faisant au total huit (8) morts (1 agent civil d’APN, 5 gardes forestiers ainsi que leur instructeur français, 1 agent des Forces Armées béninoises) et 12 blessés. Par la suite une patrouille de reconnaissance a subi le même sort ce jeudi 10 février 2022, faisant une nouvelle victime civile, agent de APN, et portant ainsi le nombre d’engins explosés par mines artisanales à 3 ». C’est le bilan fait par le gouvernement béninois en session extraordinaire du conseil des ministres, le jeudi 10 février 2022 rapporté sur le site du Secrétariat Général du Gouvernement. Ainsi, c’est le plus lourd bilan qu’a connu le pays depuis sa guerre contre le djihadisme.
En 2019, deux touristes français avaient été enlevés et leur guide tué dans le parc de la Pendjari au nord du pays. Passé peut-être inaperçu, cet acte était un signe précurseur de la montée en puissance des attaques terroristes au Bénin. Entre le 1er et le 2 décembre 2021, une position de l’armée a été visée par des djihadistes dans l’extrême nord du pays. Deux militaires ont alors succombé et l’armée a été du coup alertée. La veille, plus à l’Est vers Banikoara précisément à Mékrou, toujours dans cette zone frontalière, une patrouille avait déjà été prise pour cible nuitamment par un groupe d’hommes armés.
Ensuite, dans la matinée du jeudi 06 janvier 2022, un véhicule des Forces armées béninoises a sauté sur une mine artisanale à Tanguiéta, département de l’Atacora faisant ainsi deux morts et plusieurs blessés. Ce qui amène à conclure que, entre décembre 2021 et février 2022, environ cinq attaques ont été perpétrées dans le nord du pays faisant plus d’une dizaine de morts et de nombreux blessés.
Des mobiles justificatifs…
La première raison de la recrudescence des attaques djihadistes au nord du Bénin a déjà été dévoilée par le gouvernement. Il s’agit de la zone dénommée « Point triple » qui est négligée par les trois pays cohabitant à savoir : le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Du coup, il n’y a pas de présence effective des forces de l’ordre et de sécurité, ce qui favorise le développement des actes criminels. De plus, c’était probable que le Bénin fasse un jour face à ce phénomène car il partage ses frontières nord avec le Nigéria, le Burkina Faso et le Niger. Trois pays qui sont continuellement en guerre contre les djihadistes. Par ailleurs, la plupart des attaques enregistrées au Bénin ne sont pas frontales, on note beaucoup d’embuscades.
L’Etat béninois à pied d’œuvre
Le gouvernement béninois a rassuré l’ensemble de ses populations que les points tenus par l’armée sont restés infranchissables et que sa stratégie permettra de sécuriser sous peu la zone encore critique afin de garantir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il les rassure par conséquent à normalement vaquer à leurs occupations habituelles sans céder à la peur. A cela s’ajoute la politique de renforcement des effectifs de la police républicaine et des forces armées à travers le recrutement de 3500 agents pour les deux corps. Mieux, « Le Chef de l’Etat a saisi l’occasion pour affirmer sa conviction que toutes les vies sont importantes, y compris celles de ceux qui ont prêté le serment de défendre la patrie au prix de la leur au besoin, puis inviter le Gouvernement à mettre en place des mesures spéciales de soutien aux familles de ceux qui pourraient en arriver au sacrifice suprême ». En plus de toutes les méthodes de riposte, il faudrait penser à une stratégie pour dénicher les mines artisanales qui font aujourd’hui, plus de morts que les échanges de tirs. Bref, le peuple béninois doit rester uni pour vaincre cet ennemi de la république.






