L’entrepreneuriat est beaucoup recommandé et applaudi à l’ère actuelle. Pourtant, il ne peut être nié que cela présente beaucoup de risques notamment des risques de vol et ce, même venant des employés les plus fidèles. Maureen Ayité, dans une interview sur YouTube, raconte une triste anecdote et en profite pour donner des conseils aux entrepreneurs.
Maureen Ayité est une entrepreneure béninoise qui a fait asseoir sa suprématie dans la mode et l’immobilier respectivement à travers ses entreprises Nanawax et Nanahome. Femme d’affaires redoutable, Maureen Ayité reçoit la Médaille de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres pour son apport à l’entrepreneuriat et à la mode à Abidjan en décembre 2022. Elle figure dans le Top 30 Forbes 2015 des jeunes bâtisseurs de l’Afrique de demain.
Tout cela, la talentueuse entrepreneure affirme l’avoir fait sans héritage et sans prêt bancaire.
Cependant, ce parcours admirable, Maureen Ayité n’y est pas arrivé sans embûches. Elle a dû souvent faire face à plusieurs difficultés et injustices dont le vol.
Maureen Ayité: «Je ne dirai pas qu’on m’a volé. On continue de me voler.»
Maureen Ayité est convaincue ne pas être à l’abri de vols vu que même les multinationales et maisons de haute couture et de luxe (Dior, Chanel, etc.) n’en sont pas épargnées. Elle en est d’autant plus convaincue car victime, à de nombreuses reprises, de la malhonnêteté de ses propres employés.
Par exemple, il n’a fallu qu’un mois au premier gérant d’une de ses boutiques pour lui dérober trois millions cinq cents mille francs CFA.
« Quand j’ai ouvert ma boutique à Biétry en Février, le premier mois, le responsable de la boutique a volé cinq millions. Il n’a même pas eu pitié. Quand on vérifiait les comptes, tout était bon. Il a été très malin. Il n’est plus revenu à la fin du mois parce qu’il savait qu’on allait s’en rendre compte.»,
Elle a ensuite détaillé la technique du vol.
« Comment il fait pour voler ? Si on vend, par exemple, pour 1000 FCFA, il va dire qu’il y a eu 600FCFA payés par Carte [bancaire, ndlr] et 400 FCFA en espèces. Donc, quand tu fais le point, tout est bon : tes espèces sont là. À la fin du mois, on prend le relevé de compte, disons qu’il devait y avoir 10 000 F dessus et puis il y a 400 F. En fait il déclarait que des paiements avaient été fait par carte alors ça avait été fait en espèces. Et comme nous on vérifie le relevé bancaire qu’à la fin du mois, on ne l’a remarqué qu’à ce moment.»
De cette expérience, Maureen a beaucoup appris.
«Aujourd’hui maintenant, on vérifie tous les jours.»
La cavale de l’homme n’a pas duré assez longtemps. L’argent ? Il s’en est servi pour faire la belle vie et organiser son mariage.
« On l’a retrouvé par les réseaux sociaux. On l’a enfermé. […] Vous connaissez la famille africaine, non? Sa famille a demandé pardon. Un pardon ne rembourse pas mon argent. Vous savez combien j’ai dépensé pour faire ce magasin ? Et lui, sans état d’âme se permet de voler une somme pareille et puis, il part à l’aise.»
Maureen Ayité a déclaré avoir refusé de régler les choses à l’amiable c’est-à-dire pardonner à son ex employé. Les membres de sa famille ont remboursé une partie de la somme dérobée avant que prise de pitié, la jeune entrepreneure ne laisse tomber l’affaire.
« J’ai compris que la famille était essoufflée. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient et on l’a laissé.»
Cette histoire n’est malheureusement pas un cas isolé. Maureen en a vécu et continue d’en vivre beaucoup d’autres. De par la falsification des étiquettes, certains employés volent les clients en leur revendant plus cher les articles. D’autres dérobent carrément les articles Nanawax (sacs, chaussures, vêtements) en les cachant à la poubelle, par exemple.
Conseil aux entrepreneurs.
Pour finir, Maureen Ayité s’est adressée aux entrepreneurs. Selon elle, il n’y a pas de risque zéro ; il n’y a rien de tel qu’un entrepreneur qu’on ne vole pas.
« Écoutez bien, ceux qui ont des boutiques… ! Pour voler, ils ont toute l’imagination. Pour voler, ils ont des techniques incroyables mais ils n’ont pas ce même esprit d’initiatives dans le travail à la boutique pour obtenir une promotion. C’est terrible. […] Même quand t’essaies de contourner, ils trouvent une nouvelle manière. C’est un problème général. Je connais plein d’amis entrepreneurs [qui y font face], même dans le bâtiment.»
Néanmoins, elle les a exhorté à la vigilance.
«Il faut limiter. Faudrait pas que ça soit un vol qui fasse couler ta société. »
Maureen Ayité n’a, certes, pas classé cette anecdote de vols dans le rang des pires expériences de sa vie mais ça semble s’en rapprocher.





