Les autorités congolaises ont affirmé ce mardi 27 décembre, avoir démantelé un réseau d’espions rwandais et leurs complices congolais qui ont infiltré Kinshasa. L’identité des personnes mises en cause a été dévoilée par le vice-ministre de l’Intérieur Jean-Claude Molipe Mandongo, en direct à la télévision nationale.
D’après les services de sécurité, le réseau d’espions démantelé est composé de quatre personnes. On y retrouve deux (02) espions rwandais dont l’un est un soldat du Rwandan Defense Force (RDF). Ces deux individus agissaient sous la couverture d’une ONG de développement dénommée AHDO (African Health Development Organization). Les deux autres éléments du réseau sont des complices congolais.
Selon le porte-parole de l’armée, Sylvain Ekenge, « Ces espions avaient non seulement infiltré quelques officiers des FARDC mais aussi des personnalités politiques de grande envergure ainsi que des opérateurs économiques et membres de la Société civile ». Toutefois, « le Téléphone crypté du militaire rwandais, après exploitation par les enquêteurs, a révélé que ce dernier a eu accès aux différents sites stratégiques de la capitale et ce, en complicité avec certains officiers généraux et supérieurs des FARDC », a-t-il ajouté.
« L’acquisition par ces espions d’un important patrimoine foncier dans le périmètre de l’aéroport international de N’djili et de la base militaire de Kibomango a laissé entrevoir la préparation d’un plan machiavélique similaire à celui qui a été à la base de l’assassinat de Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais », a affirmé pour sa part Jean-Claude Molipe Mandongo, vice-ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières.
A en croire les déclarations des autorités, « D’autres espions sont recherchés d’autant plus que l’ONG sus-évoquée avait ouvert des antennes dans la province du Kwango, Kwilu, Kasaï, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Ils finiront par être rattrapés ». Les investigations se poursuivent sur base des pistes et d’éléments de preuves fournis par ceux qui sont appréhendés. Les services de sécurité rassurent la population qu’ils sont à pied d’œuvre pour démanteler ce réseau des criminels et mettre hors d’état de nuire tous les complices, aussi bien civiles que militaires.
Depuis quelques mois, la RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du M23 qui ont ressurgi depuis 2021 et se sont emparés de larges territoires dans la province du Nord-Kivu. Mais le Rwanda a toujours nié ces accusations. Le 10 décembre dernier, les autorités congolaises ont publié un ouvrage intitulé le livre blanc. Le document retrace les différents actes de violations perpétrés par le Rwanda en RDC et les preuves irréfutables de son soutien au Mouvement du 23 mars appelé M23. L’objectif visé est de les présenter devant les juridictions internationales. L’ONU a finalement confirmé les allégations de Kinshasa sur le soutien du Rwanda aux rebelles, demandant à Paul Kagame de mettre immédiatement fin à cette intrusion. Pour l’heure, le Rwanda n’a pas encore réagi à ce supposé réseau d’espions démantelé à Kinshasa.






