À Madagascar, les questions forestières sont de plus en plus préoccupantes dans le contexte des changements globaux. C’est pourquoi différents acteurs, prenant conscience de l’urgence de replanter, se sont réunis pour élaborer un document constitué de 10 principes afin de booster les campagnes de reboisement. Attesté par le ministère de l’Environnement et du développement durable, ces 10 principes servent de référence et « devront désormais être respectés par tous les acteurs concernés », selon la ministre de tutelle, Marie-Orléa Vina.
La déforestation à Madagascar est considérée comme une des plus préoccupantes du monde tropical. En effet, le territoire malgache est à 20 % recouvert de forêt, représentant 13 millions d’hectares. Alors que, chaque année, entre 50 000 et 100 000 hectares de forêts sont détruits. Ce qui pose d’importants problèmes d’érosion des sols et de perte de biodiversité.
Un guide pratique pour limiter la pression sur les forêts
Face à cet état de chose, l’urgence est de replanter. Des campagnes de reboisement sont menées çà et là dans ce cadre. Tout récemment la ministre de l’environnement et du développement durable a sensibilisé sur la nécessité de réduire la pression sur les forêts naturelles en prenant appui sur les propositions publiées dans ledit document. « Il s’agit d’un guide pratique de référence destiné à tous les porteurs de projet de reforestation », indique le ministère dans un communiqué. « Ce document rassemble le savoir et l’expérience d’une centaine d’acteurs et plus de 150 personnalités clés se sont déjà engagées à le mettre en œuvre ». C’est pourquoi la ministre, Marie-Orléa Vina insiste pour que « ces principes soient respectés par tous les acteurs concernés à l’échelle nationale ».
Le reboisement, un impératif pour Madagascar
La reforestation est indispensable pour Madagascar. C’est la garantie d’une meilleure couverture forestière du pays. C’est pourquoi depuis le 19 janvier 2022, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable a lancé un appel à la participation de tous pour réaliser sa vision de « reverdir Madagascar ». « Nous le savons, la reforestation est un enjeu vital pour notre pays. En survolant Madagascar, on peut constater que l’île présente aujourd’hui de très vastes paysages dénudés et en voie de désertification», affirme Marie-Orléa Vina.
L’île a perdu 44 % de ses forêts naturelles depuis les années 50 et le rythme de la déforestation s’accélère. Avec 90 % d’espèces endémiques, c’est une biodiversité unique qui est menacée de disparition. Cette dévastation devient ainsi un facteur de pauvreté et détruit les bases d’un développement durable et inclusif. Si le système agraire traditionnel, la collecte de bois de charbon et le trafic de bois précieux sont mis en cause, les études ont prouvé que le reboisement permet de lutter contre la désertification et la sécheresse et de limiter l’intensité des phénomènes extrêmes comme les inondations.
Par ailleurs, les études ont montré que la population malgache devrait doubler entre 2015 et 2050. Or, celle-ci aura besoin de surfaces cultivables pour se nourrir ainsi que de bois et de charbon de bois, principale source d’énergie sur l’île à l’heure actuelle. L’enjeu de la Grande île est de concilier la sauvegarde de son patrimoine naturel et la lutte contre la pauvreté.






