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    Taxi-moto ou Zémidjan au Bénin : Un métier de subsistance?

    Par Eliane Fatchina26 mai 2022Mise à jour :27 mai 2022
    Zémidjan, taxi moto à Cotonou
    © afrik

    Ils sont une figure emblématique de Cotonou, ces hommes habillés en chemise jaune.  Communément appelé zémidjan qui signifie en langue locale fon, « emmène-moi vite », ces taxi-moto représente le moyen de transport le plus populaire du Bénin. C’est ainsi un  mode de transport qui a pris une importante dimension au point de devenir indispensable dans le quotidien des autochtones mais aussi des étrangers qui y séjournent.  

    Ces conducteurs de taxi-moto, qui sont-ils ?

    Artisans, mécaniciens, paysans, diplômés sans emploi, étudiants…, le métier accueille tous les profils. Il suffit juste de disposer d’une moto et de connaitre un peu le milieu et top, l’aventure commence. Même certains instituteurs à l’instar de Blaise Noumado, rencontré dans la circulation avec son uniforme jaune, exercent occasionnellement le job à la sortie des classes et dans les congés.

    Par ailleurs, il faut reconnaitre que le chômage et l’exode rural sont les principales causes de ce phénomène à Cotonou. En effet, la malnutrition dont souffre le marché de l’emploi est un aspect considérable du problème, alors que l’industrie des universités produit des milliers de jeunes diplômés chaque année. En dehors de ces chômeurs, il faut ajouter le nombre inquiétant de jeunes qui se déplacent des villages vers les zones urbanisées à la quête d’un avenir meilleur. La baisse des rendements agricoles et la pauvreté ambiante poussent fréquemment ces jeunes à l’exode rural. Ils viennent pour la plupart du temps des départements du Sud-Bénin. C’est le cas de Donatien Adokouè, qui, faute de moyens, a abandonné l’apprentissage de la maçonnerie au profit du zemidjan depuis sept ans déjà.

    La croissance exponentielle du nombre de Zémidjan

    Ils seraient de nos jours, rien qu’à Cotonou, entre 200.000 et 250.000 à conduire un taxi-moto dans cette ville peuplée d’un million d’habitants environ, soit un taxi-moto pour dix habitants. C’est dire que le secteur accueille chaque année de nouveaux membres, la démographie et le seuil de pauvreté n’ont cessé d’accroitre. D’ailleurs, la procédure pour être zémidjan n’est pas du tout compliquée. « Actuellement, avec 1500, tu peux te procurer la chemise jaune qui est l’uniforme ici à Cotonou et commencer petit à petit. Et avec le temps, tu vas faire le droit à taxi qui s’élève à 5100fcfa » confie Donatien Adokouè.

    Cet état de chose suscite de nouvelles vocations et le nombre devenu assez élevé fait du secteur, le moins rentable selon la majorité des personnes interviewées. En effet, « il y a sept ans, quand j’ai commencé, le zem était rentable. Je gagnais jusqu’à cinq milles FCFA par jour. Mais aujourd’hui, personne ne peut dire qu’il fait encore ce chiffre d’affaire », s’exprime Donatien Adokouè, la trentaine venue de Bohicon. Difficilement, continue-t-il, « vous pouvez vous retrouver le soir avec trois milles FCFA ».

    Respecter ses engagements vis-à-vis du propriétaire de la moto

    La plupart des zémidjan ne sont pas propriétaires de la moto qu’ils conduisent. C’est-à dire que certaines personnes nantis achètent les engins et les mettent en gérance location.  Parfois le locataire paie mensuellement 40 000 FCFA pendant quinze mois afin de devenir le propriétaire de l’engin, soit 600 000 FCFA. Mais il n’est pas aisé pour ces hommes en uniforme jaune de respecter cet engagement. Blaise Noumado, l’instituteur confie que son stress est assez élevé ces temps-ci. « Comment vais-je faire pour réunir l’argent du propriétaire avant la reprise des classes? S’est-il interrogé ?  Cette situation a amené certains maillots jaunes à initier une tontine spéciale afin de s’acheter à tour de rôle des motos, leur indispensable outil de travail.

    Le Zémidjan, le métier le plus difficile au monde ?
    Zémidjan à Cotonou
    © la nation

    Ainsi, le Zémidjan est considéré comme le dernier recours et plusieurs personnes interrogés souhaitent abandonner le maillot jaune à Cotonou, si par hasard elles venaient à trouver une autre opportunité. « Il n’existe plus un métier plus difficile que le zémidjan» a laissé entendre Donatien Adokouè.  

    Leur quotidien n’est pas du tout aisé. Ils sont souvent les premiers à se lever et aussi les derniers à se coucher. Et des fois à leur sortie, ils peuvent faire des allers et retours sans trouver un client ; ce qui joue beaucoup sur leur revenu. Ces maigres salaires journaliers ne leur permettent pas à jouir d’une vie de la modeste classe.

    Du coup, nombreux sont-ils à s’agglutiner dans une chambre salon à Cotonou, chacun payant une part du loyer. Le pire, c’est quand on les voit les nuits, sur la place de l’étoile rouge ou sur l’esplanade du Stade Général Mathieu Kérékou plongés dans le sommeil. Le corps plié, les deux mains jointes entre les jambes, ils sont toujours habillés de plusieurs chemises surmontées de l’uniforme jaune et semblent être fixés sur l’engin posé sur les béquilles : c’est parti pour quelques heures de sommeil.

    Par ailleurs, les problèmes de santé auxquels ils font quotidiennement face sont considérables. Il faut noter le risque très élevé de maladies cardio-vasculaires, problèmes pulmonaires, accidents vasculaires cérébraux.  A ces problèmes de santé déjà fréquents viennent se greffer des risques d’accidents et d’insécurité. Car, à Cotonou, les zémidjan ont la réputation de ne suivre aucune règle de sécurité routière. Ils sont donc perçus comme des dangers ambulants.

    Les zémidjan et la publicité au Bénin

    Les entreprises privées s’intéressent de près à la visibilité que peuvent leur donner les taxi-motos. En effet, ils sont souvent qualifiés de colporteurs des informations.  Pendant les campagnes électorales, ils se muent en fervents militants que les candidats veulent rallier à tout prix. Leur dos sont souvent utilisés comme des panneaux publicitaires pour les entreprises. En outre, pour s’assurer de leur soutien, les politiques n’hésitent pas à débloquer des francs CFA. Plusieurs portent ainsi sur leurs chemises jaunes, les noms des présidents comme Thomas Boni Yayi, Lionel Zinsou, Patrice Talon…

    Les hommes habillés en chemise jaune, ce sont des dizaines de milliers de béninois qui espèrent, chaque jour un mieux-vivre. Leur apport dans le transport routier au Bénin est non négligeable car, des milliers de personnes se déplacent chaque jour grâce à eux. 

    Bénin Cotonou Maillot jaune Taxi-moto
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    Eliane Fatchina
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    Eliane Yabo Omonlayo Fatchina est une journaliste reporter à Afro impact. Titulaire d’une licence professionnelle en journalisme à l’ENSTIC du Bénin, elle est une panafricaniste passionnée de culture, des questions de société et d’environnement. Avec déjà sept ans d’expériences, elle s’emploie quotidiennement à donner de la voix aux idées à travers l’écriture.

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