Gims n’est plus un artiste à présenter. Rappeur, chanteur, compositeur, il a fait ses débuts glorieux dans la musique en tant que membre du collectif de rappeurs Sexion d’assaut avant de cartonner en solo. Dans une interview accordée à The Chairman sur la chaîne Youtube Oui Hustle, l’artiste anciennement connu sous le nom de Maître Gims a parlé de religion, de géopolitique, du show-business, de son pays le Congo, de ses activités sociales. Gims a aussi abordé le volet familial et a raconté pourquoi il en a voulu à son père.
Gandhi Djuna alias Gims n’a pas eu une vie familiale aussi belle et calme qu’on puisse se l’imaginer. Il est issu d’une famille de musiciens : son père Djuna Djanana était un chanteur du groupe Viva La Musica de Papa Wemba ; son grand-père également était musicien.
Né en 1986 au Zaïre (RDC), il a rejoint la France en 1989. Il est passé de famille d’accueil en famille d’accueil avant de se retrouver finalement dans des squats dans une misère indicible.
Gims a vécu une enfance presque sans figure paternelle. Malgré le fait que son père soit un chanteur célèbre, leur situation financière n’était pas reluisante. Et son père a fini par déserter. Il a coupé les ponts avec sa famille sans remords apparents laissant les enfants à la charge unique de la mère. Cette dernière a dû faire des pieds et des mains pour s’occuper des enfants.
C’est d’ailleurs cette fuite que Gims reproche à son géniteur. Il lui en a longtemps voulu parce que, d’un côté, il les a abandonnés sans le sou alors qu’ils pouvaient se faire expulser à tout moment. De l’autre, une fois partie, il n’a pas pris ses responsabilités. «Pas de 10€. Même pas de 15€, 15F, il n’y a rien qui arrive. Zéro mandat.»
Une décision que l’artiste qualifie de lâche.
«Je lui en ai voulu, bien sûr. Dans le sens où, lui il s’est barré. La daronne est restée solo avec nous dans les squats. Zéro situation (financière, ndlr). Tu sais pas où il est, le daron. Disparition totale. La daronne se bagarre avec des tantes à moi. Obligée de voler des trucs dans les magasins, des bouteilles de whisky. Ça revend ça à la maison dans des squats. Moi, j’ai grandi dans ça. Des squats où il y avait déjà des gens à l’intérieur. Et donc, le daron, il s’est barré de ça. Il a fui. Il a laissé la daronne. C’est ça la dinguerie. La vraie dinguerie. Le reproche, il est pas dans l’aspect financier. Il est dans une forme de lâcheté où tu (son père, ndlr) nous laisses à un moment terrible», a-t-il confié.
Maître Gims sur Oui Hustle.
Gims et son père, une rancoeur dépassée ?
L’eau a coulé sous les ponts depuis ce temps et le Gims de 37 ans semble avoir guéri du passé.
«J’imagine que c’était pas facile lui aussi. Ça fait partie des choses qui écrivent mon histoire.»
Il affirme avoir pris du recul face au passé. Un recul que certains de ses frères n’ont pu prendre. Eux, en veulent toujours à leur père.
«En Afrique tu peux être mégastar mais tu gagnes pas énormément d’argent. Surtout à l’époque, je pense que c’était un groupe; il y avait du monde. Mon père, c’était une vedette d’un groupe mais, c’était pas le visage du groupe. C’était Papa Wemba, le visage du groupe. Ils devaient être 7 ou 8. C’est énorme donc les sources de revenus… Combien tu gagnes ? T’habites à Kinshasa. J’essaie de me projeter parfois. Je me dis que ça devait être la galère pas possible. Et lui, il doit vivre. Il doit fanfaronner aussi. C’est le Congo. C’est un sapeur. […] C’était un leader dans son truc mais il faisait partie de ce collectif, ce gros groupe. Donc financièrement, comment tu t’y retrouves ? Nous-même avec la Sexion d’assaut, c’est compliqué. […] Donc un gros en Afrique, au Congo dans les années 70… Il était une star mais de l’autre côté le daron n’a rien laissé : pas de maison, pas d’héritage, pas un truc sérieux.»
Gims sur Oui Hustle
Ardiès Sianou





