La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de maintenir ses sanctions contre les trois pays dirigés par des militaires à l’issue de coups d’Etat en Afrique de l’Ouest: le Burkina Faso, le Mali et la Guinée. La décision a été prise au cours d’une Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation en marge de la 36ème Session Ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba en Éthiopie le 18 février dernier. L’Organisation a aussi décidé « d’imposer une interdiction de voyager aux membres du gouvernement et autres hauts fonctionnaires des trois pays ».
Ces trois pays d’Afrique de l’Ouest avaient été suspendus par la CEDEAO après les prises de pouvoir successives par des militaires en 2020(Mali), 2021(Guinée) et 2022(Burkina Faso). Le Mali et la Guinée avaient en outre été soumis à d’autres sanctions, dont la plupart ont été levées depuis. « La conférence des chefs d’Etat décide de maintenir les sanctions existants à l’encontre des trois pays et d’imposer une interdiction de voyager aux membres du gouvernement et autres hauts fonctionnaires des trois pays », indique le communiqué signé du président de la Cédéao, Umaro Sissoco Embalo.
En outre, la Conférence des chefs d’Etat dit avoir pris note des rapports présentés sur la mise en œuvre des feuilles de route de transition au Burkina Faso, en Guinée et au Mali. Elle a noté également avec préoccupation les graves défis sécuritaires et humanitaires dans les trois pays en particulier au Burkina Faso et au Mali.
Durée de la transition…
En ce qui concerne le Burkina Faso, la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement prend note du rapport présenté par le Médiateur de la CEDEAO et salue la signature d’un protocole d’accord entre le Burkina Faso et la CEDEAO sur la mise en place du mécanisme de suivi et d’évaluation du calendrier de transition de 24 mois dans le pays.
Pour le cas de la Guinée, la Conférence des chefs d’Etat a attiré l’attention sur le chronogramme consolidé de transition de 24 mois couvrant les dix domaines prioritaires élaborés conjointement avec la CEDEAO à l’intention des autorités de la transition. Elle a invité les autorités guinéennes à respecter l’esprit de l’accord signé le 21 octobre 2022. Pour ce faire, l’Organisation exhorte vivement les autorités guinéennes à mener un dialogue national inclusif avec l’ensemble des acteurs politiques et à garantir la sécurité et la liberté de tous les participants et instruit le Président de la Commission de la CEDEAO d’accompagner le processus.
S’agissant du Mali, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement prend note du contenu du rapport sur le processus de transition et de la mise en place d’un Mécanisme conjoint de suivi et d’évaluation du chronogramme de transition comprenant le gouvernement, la CEDEAO, l’UA, l’ONU, le Médiateur de la CEDEAO, un Comité de pilotage, et un Comité technique. La Conférence donne instruction au Président de la Commission de continuer à soutenir un processus inclusif de transition au Mali et de tenir les Chefs d’État informés.
A noter que dans ces trois pays, le retour à l’ordre constitutionnel est théoriquement prévu en 2024 au Mali et au Burkina Faso, en 2025 en Guinée. C’est pourquoi, la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement invite les Nations unies, l’Union africaine et tous les partenaires internationaux à appuyer la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO concernant les trois pays.






