Le Mali et le Burkina Faso, deux pays dirigés par des putschistes militaires et confrontés à une crise sécuritaire aigue, ont annoncé avoir jeté les bases d’une fédération entre les deux Etats. C’est à l’issue d’un conseil conjoint de Gouvernements entre les premiers ministres burkinabè Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambèla et malien Choguel Kokalla Maïga qui a eu lieu vendredi soir à Ouagadougou.
Choguel Kokalla Maïga, chef du gouvernement malien était en visite de travail et d’amitié au Burkina Faso le 23 février dernier. Au nombre des préoccupations qui ont fait objet de cette visite, les défis sécuritaires communs aux deux pays et la lutte contre le terrorisme, le processus de transition, les questions humanitaires, la coopération régionale et le projet de fédération entre les deux Etats.
« Tout le temps que nous avons passé à discuter, c’est de voir comment nous pouvons proposer des jalons pour la Fédération des deux pays, des deux peuples. Les peuples sont déjà fédérés et ce sont les artifices administratifs et politiques qui les séparent », a déclaré le chef du gouvernement burkinabè Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambèla. A cet effet, pour créer une fédération, les deux États doivent mettre en place un appareil administratif et politique adapté. Ainsi, selon le communiqué final signé des deux chefs du gouvernement, « à l’ouverture des travaux du Conseil Conjoint de Gouvernements, les deux premiers ministres se sont réjouis de la tenue effective de ce cadre de concertation bilatérale et ont souhaité qu’il soit institutionnalisé avec une périodicité de six mois pour sa tenue et de façon alternée ».
Quant à Choguel Maïga, la principale préoccupation reste la lutte pour la paix des populations. Et cela passe, explique-t-il, par « la sécurité, sécurité physique, alimentaire, éducationnelle, sanitaire et autres. Parce que sans sécurité, il n’y a pas de démocratie », a-t-il dit.
En outre, le premier ministre malien était accompagné d’une forte délégation composée de ministres et d’autres personnalités. C’est ainsi qu’à l’issue d’un entretien entre les ministres burkinabè et malien de l’Energie, Simon-Pierre Boussim (ministre burkinabè en charge de l’Energie) a affirmé que les deux pays envisagent une interconnexion électrique en relation avec la République de Guinée. « Cette interconnexion nous permettra de développer notre capacité énergétique afin de propulser davantage l’industrialisation », a-t-il convaincu.
Le Burkina et le Mali étant deux pays producteurs de l’or en Afrique, les deux Etats ont convenu de consolider ensemble la sécurité autour des sites miniers et la lutte contre la fraude de l’or. « Nous devons travailler à assécher définitivement les sources de financement du terrorisme », a poursuivi Simon-Pierre Boussim.
A noter que la délégation a séjourné à Ouagadougou jusqu’à ce dimanche 26 février 2023.






