L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et ses coaccusés ont été fixé sur leur sort ce mercredi 6 avril 2022 à Ouagadougou. Le tribunal militaire a condamné ces trois principaux accusés à prison à vie pour attentat à la sureté de l’état et complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987.
Le verdict est tombé ce jour : prison à vie pour Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando dans le dossier assassinat de Sankara. En effet, les trois hommes sont condamnés pour « attentat à la sûreté de l’Etat ». Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré sont également reconnus coupables de « complicité d’assassinat » et Hyacinthe Kafando, soupçonné d’avoir mené le commando qui a tué Thomas Sankara. Ledit verdict a été accueilli par des applaudissements dans la salle du tribunal. Plusieurs autres personnes ont été condamnés dans l’affaire. Ainsi, Bossobè Traoré, qui comparaissait pour complicité d’attentat à la sûreté de l’État et de complicité d’assassinat, a été acquitté. Les différentes parties ont désormais quinze jours pour faire appel.
Des absences très remarquables
Blaise Compaoré, principal accusé dans cette affaire est absent lors du procès car, il a été chassé du pouvoir en 2014 par la population et vit depuis ce temps en Côte d’ivoire. En effet, il faut noter qu’il est l’ami proche de président Sankara et qu’il a été porté au pouvoir grâce à ce putsch. Blaise Compaoré est soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de Sankara, ce qu’il a toujours nié. De même, 30 ans ont également été requis contre l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando, ancien commandant de la garde de Compaoré, en fuite depuis 2016 et soupçonné d’avoir mené le commando qui a assassiné Thomas Sankara et ses compagnons. La grande majorité des accusés ont plaidé non coupable. Les prévenus racontent une tentative d’arrestation de Sankara qui a « mal tourné », à la suite de divergences avec Blaise Compaoré « sur la marche de la révolution ». Par ailleurs, 30 ans de prison ferme avaient été requis contre Blaise Compaoré par le parquet du tribunal militaire de Ouagadougou pour « attentat à la sûreté de l’Etat », « recel de cadavre » et « complicité d’assassinat ».
Satisfaction
PourMariam Sankara, la veuve du président assassiné, « Le juge a donné son verdict selon la loi et tout le monde apprécie…C’est quelque chose qu’on a demandé, la justice et la vérité… Notre but c’était que les violences politiques qu’il y a au Burkina, finissent. Ce verdict va donner à réfléchir à beaucoup de personnes». En effet, ce procès historique s’est ouvert en octobre 2021 soit 34 ans après l’assassinat. « Aujourd’hui, je peux dire que je suis fier d’être Burkinabè et avocat. Je suis fier de voir l’aboutissement d’un combat judiciaire de près de 30 ans » a déclaré Guy Hervé Kam, l’avocat de la famille Sankara. Même si le récent coup d’Etat au Burkina Faso a perturbé la procédure, les proches se réjouissent parce que justice a été rendue.
Tué pour une noble cause
La mort de Thomas Sankara, qui voulait « décoloniser les mentalités » et bouleverser l’ordre mondial en prenant la défense des pauvres et des opprimés, a été un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de M. Compaoré. Pour rappel, le président Sankara a été abattu à 37 ans par des soldats lors d’un coup d’État le 15 octobre 1987. Quatre années auparavant, les deux hommes (Sankara et Compaoré) avaient organisé la prise de pouvoir qui a permis à Sankara de devenir président. Après l’énoncé du verdict, les parties civiles se sont dirigées vers le mémorial Thomas Sankara. Une page de l’histoire du Burkina Faso vient ainsi de se tourner.






