Plusieurs partis politiques ont été suspendus ce jeudi suite aux affrontements entre forces de l’ordre et manifestants qui ont fait une cinquantaine de mort et près de 300 blessés. Sept formations politiques sont concernées par cette suspension pour une durée de trois mois. C’est du moins ce qui de deux arrêtés signés ce jeudi.
Dans une déclaration à la télévision d’Etat ce jeudi 20 octobre, Saleh Kebzabo, le Premier ministre tchadien, nouvellement nommé a annoncé des mesures conservatoires suite aux graves dérives de ce jeudi. Il s’agit de « l’instauration d’un couvre-feu de 18h à 6h du matin jusqu’au rétablissement total de l’ordre à Ndjamena, à Moundou, à Doba et à Koumra ». Et aussi, « la suspension de toute activité publique des partis politiques et organisations de la société civile, notamment les Transformateurs, le Parti socialiste sans frontières, Al Takhadoum et Waki Tamma »
Selon un arrêté du ministère de l’Administration du territoire, cette mesure concerne les formations politiques Les Transformateurs, le Front Populaire pour la Fédération (FPF), le Parti Socialiste sans Frontière (PSF), Les Patriotes (LP), l’Al Takhadoum, le Rassemblement pour la Justice et l’Égalité des Tchadiens (RAJET) et le Parti des Démocrates pour le Renouveau (PDR).
Le ministre a également annoncé que des poursuites « seront engagées suite aux cas de décès, aux vols d’armes de guerre et à la destruction d’édifices publics et de véhicules publics et privés » notamment à l’encontre des Transformateurs, le Parti socialiste sans frontières, Al Takhadoum et Waki Tamma. Il leur est ainsi reproché « des troubles à l’ordre public et à la sécurité de nature à porter atteinte à la sûreté de l’État et au bon fonctionnement des institutions républicaines » au Tchad.
Par ailleurs, faut-il le rappeler, ces formations politiques suspendues, sont instigateurs des affrontements de ce jeudi dans plusieurs villes du pays. Ces manifestations ont entrainé plus de cinquante morts et plus de 300 blessés. Un premier bilan établi hier faisait état d’une trentaine de morts et plusieurs blessés. C’est en effet, l’une des manifestations les plus meurtrières de l’histoire du Tchad. Les organisateurs protestent contre la prolongation de la durée de la transition initialement fixée pour 18 mois et prorogée à l’issue du dialogue national inclusif, de 2 ans supplémentaires.
Kebzabo a, pour finir, affirmé que « le gouvernement de la République du Tchad fera régner l’ordre sur l’ensemble du territoire et ne tolèrera plus aucune dérive d’où qu’elle vienne ».






