Arrêté le 24 décembre dernier et placé en garde à vue, le directeur de Radio M et Maghreb Emergent a été présenté dans la matinée de ce jeudi 29 décembre, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hemed à Alger. Après son audition, le journaliste Ihsane El Kadi a été placé sous mandat de dépôt, faisant face à quatre chefs d’accusation liés à la loi sur la collecte de fonds et de recevoir de l’argent de l’étranger sans licence. Ainsi, le directeur de publication de Radio M et Maghreb Emergent, est accusé par les articles 95 et 95 bis et 96, concernant les publications, ainsi que l’article1 de la loi sur la collecte de fonds. Ihsane El Kadi, a été présenté au procureur en l’absence de son avocat, celui-ci n’a pas été informé de la date de sa présentation à la justice.
Pour rappel, le journaliste a été arrêté et mis en garde à vue depuis le 24 décembre, dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieur (DGSI). Le siège de l’agence Interface Medias, qui édite Radio M et Maghreb Émergent, ont été mis sous scellés et le matériel a été saisi, en présence du journaliste, menotté.
« Plusieurs années de prison »
Pour l’heure, on n’en sait pas plus sur cette affaire. Mais ces chefs d’accusations sont susceptibles de faire passer au journaliste, de longues années en prison. Car en 2020, le régime d’Abdelmadjid Tebboune a fortement durci sa législation pénale. Il a entre autres introduit dans son Code pénal un article 95 bis, selon lequel quiconque reçoit des fonds d’un État ou d’une organisation ou personne de l’intérieur ou l’extérieur du pays, pour accomplir des actes qui portent atteinte à la sécurité de l’État ou à l’unité nationale, est puni de cinq à sept ans d’emprisonnement. La peine peut même être portée au double « lorsque les fonds sont reçus dans le cadre d’une association, d’un groupe, d’une organisation ou d’une entente, qu’elle qu’en soit la forme ou la dénomination. », rapporte la-croix.






