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    Bénin : L’IAJP boucle ses panels et cercles de réflexion  de l’année 2023 sur une note de satisfaction et annonce des perspectives pour 2024  

    Par Gérard Dawa16 septembre 2023Mise à jour :17 septembre 2023
    Après neuf mois d’échanges, de rencontre et de partage autour des concepts de démocratie, de développement et des droits de l’homme, les responsables de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) ont procédé ce jeudi 14 septembre 2023 à Cotonou, à la clôture des panels et cercles de réflexion de l’année 2023. De moments fructueux qui ont permis aux acteurs politiques, membres de la société civile, universitaires et citoyens ordinaires, d’apporter leurs diverses contributions pour l’enracinement de la démocratie au Bénin. Des sillons pour un développement humain respectant les droits de l’homme ont été aussi tracés. Lesquels permettront de créer avec certitude, un environnement propice où le mieux-être de tous sera assuré.
    De la droite vers gauche: Père Éric Aguénounon, directeur de l’IAJP; Hygin Kakaï, professeur titulaire de Science politique et Alain Gnassounou, coordonnateur à l'IAJP.

    Après neuf mois d’échanges, de rencontre et de partage autour des concepts de démocratie, de développement et des droits de l’homme, les responsables de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) ont procédé ce jeudi 14 septembre 2023 à Cotonou, à la clôture des panels et cercles de réflexion de l’année 2023. De moments fructueux qui ont permis aux acteurs politiques, membres de la société civile, universitaires et citoyens ordinaires, d’apporter leurs diverses contributions pour l’enracinement de la démocratie au Bénin. Des sillons pour un développement humain  respectant les droits de l’homme ont été aussi tracés. Lesquels permettront de créer avec certitude, un environnement propice où le mieux-être de tous sera assuré.

    Les travaux du carrefour du jeudi 14 septembre 2023 organisé sous forme de cercles de réflexions ont porté sur le thème « Promotion d’une démocratie au service du développement humain : Une question des droits de l’homme ». Les activités se sont déroulées à travers trois groupes présidés respectivement par Hygin Kakaï, professeur titulaire de Science politique ; Maxime da Cruz, recteur honoraire de l’Université d’Abomey-Calavi, professeur titulaire de Linguistique et Madame Monique Ouassa Kouaro ; professeure titulaire de Sociologie Anthropologie.  

    De riches propositions issues des travaux de groupe

    Les travaux de groupe ont été une occasion pour chaque membre d’opiner sur des questions commune et spécifique. Ainsi, Mélinda Hounkponou, rapporteuse du groupe 1 estime que pour impulser une vision de développement participatif dans le contexte démocratique actuel, il faut des préalables. Il s’agit entre autres de clarifier les principes de la démocratie, faire le diagnostic de la non-participation du peuple aux questions de développement, la vulgarisation de la vision de développement en commençant par le cadre familial pour celui national et promouvoir des institutions fortes. Quant aux mécanismes qui peuvent favoriser l’implémentation de la démocratie, le groupe 1 a surtout mis l’accent sur d’importants points tels que les congrès nationaux, les élections libres et transparentes, la création des cadres de recours, le choix des langues pour favoriser la diffusion des lois et leur appropriation par les populations, l’industrialisation et le mécanisme temporel, c’est-à-dire faire des projections dans le temps qui tiennent compte des aspirations de chaque citoyen.

    Père Roland TECHOU a porté la voix du deuxième groupe de travail. A l’en croire, ce qui est à développer est l’homme lui-même et l’Etat doit y jouer un rôle primordial. « La jeunesse est plus corrompue que les parents », a-t-il souligné tout en estimant qu’il est nécessaire de dépolitiser le mental des jeunes et bannir l’idée selon laquelle on devient riche par la politique.

    La presse, l’école et la famille, sont les secteurs clés sur lesquels il faut agir pour inculquer à l’être humain la notion de développement, a révélé  le groupe 3 représenté par Docteur Denis Hodonou. Citant Nelson Mandela « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », il a jugé important que les cours sur les droits et devoirs doivent être insérés dans les programmes académiques depuis le primaire et prioriser la synergie d’action famille-école-gouvernement. Mais le grand défi à relever demeure la langue, a conclu le rapporteur du troisième groupe de travail.

    Santé de la démocratie, coups d’Etat, éducation  et croissance démographique : Les vérités du professeur Hygin Kakaï    

    « La démocratie est une culture politique. C’est aussi un jeu d’acteurs », a d’abord clarifié Hygin Kakaï, professeur titulaire de Science politique avant de passer au scanner la démocratie en Afrique. De ses propos, il ressort  que depuis 1990, l’euphorie a fait que nous sommes tombés dans une démocratie hybride et  on vit au quotidien une régression du processus démocratique en Afrique.  « C’est aussi le cas au Bénin depuis 20 ans et on a l’impression qu’on est dans un régime gangréné par l’hypocrisie », poursuit-il.

    Concernant les coups d’Etat qui deviennent récurrents en Afrique ces trois dernières années, le professeur Hygin Kakaï  pense qu’ils ne sont en rien des solutions salutaires à une démocratie hybride. Il insiste sur le consensus  comme idéal à rechercher pour le règlement de tout conflit d’intérêt.

    Portant également un regard critique sur l’éducation, le professeur Hygin Kakaï a précisé que le système éducatif ne souffre en réalité d’aucun mal. Ce qu’il faut revoir selon lui, est le modèle éducatif. Pour conclure ses propos, il n’a pas manqué de faire une importante proposition pour freiner le chômage galopant des jeunes. « Il faut un équilibre entre la croissance économique et la croissance démographique».

    Apports de quelques personnalités

    « L’éducation de qualité est au cœur de tout. Mais il a un coût. Il faut que nos pays investissent dans l’éducation. Il faut que la société donne des moyens à l’enfant pour qu’il développe son génie. Une jeunesse sans espoir, sans perspective, est un danger pour demain » dixit le recteur honoraire de l’UAC, Maxime da Cruz.

    « Pour promouvoir l’égalité des chances, il faut mettre l’accent sur le capital humain » pense Monique Ouassa Kouaro, professeure titulaire de sociologie anthropologie.

    « Le défi majeur à relever pour une bonne éducation à la démocratie est la langue. Au Bénin, il nous faut au plus choisir trois langues pour y arriver », Madame Mariama Baba Moussa, PCA AADEF-Bénin.  

    Reconnaissances de l’IAJP et perspectives pour 2024

    Le carrefour de ce jeudi 14 septembre 2023 marque en effet le dernier acte du troisième trimestre de l’année 2023  et conclut les panels et cercles de réflexions de 2023 initiés par  l’IAJP.  Pour le Père Éric Aguénounon, directeur de l’IAJP, c’est une satisfaction après ces neuf mois de rencontre et d’échanges avec des retours très positifs. Heureux de ce petit parcours, le directeur de l’IAJP invite tous les acteurs à travailler davantage sur les fragilités de la démocratie pour qu’elle puisse être réellement la chose la mieux partagée et à laquelle tout le monde aspire.

    Occasion pour lui de lever un coin de voile sur la thématique de  l’année 2024 intitulée « La coopération internationale et les défis contemporains ». Pour ce qui est du thème trimestriel (Janvier, février, mars), il va porter sur « La coopération sous-régionale et les problèmes de la sécurité transfrontalière et du terrorisme ».

    IAJP
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    Gérard Dawa
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    Gérard Dawa, journaliste reporter à Afro impact. Titulaire d’une Licence en journalisme obtenue à l’ENSTIC au Bénin, je suis passionné des questions de santé, culture et sport. J’ai fait également mes armes à la radio et je suis membre actif de la PMS "Plateforme Médias et Santé" du Bénin. Je cumule à ce jour 8 ans d’expérience en journalisme.

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    Par socialisation, on entend les divers processus que chaque groupe met en œuvre pour faire intérioriser, c'est-à-dire admettre et assimiler par les individus qui le composent, les normes, les sentiments, les croyances, les attitudes, les conduites, les « schémas communs de pensée, de perception, d'appréciation et d'action », qui sont les siens. On distingue diverses espèces de socialisation suivant la nature du groupe qui les met en œuvre ; la socialisation sociétale qui vise à intégrer les individus dans une société donnée ; la socialisation nationale (qui, dans sa plénitude, aboutit au patriotisme), provinciale, régionale ; la socialisation politique qui induit le citoyen à accepter un certain régime politique, à respecter les règles qui en assurent le bon fonctionnement (civisme) et la vision de l'homme et de la cité qui en fondent le consensus. L'Église et la communauté politique, bien que s'exprimant toutes deux à travers des structures d'organisation visibles, sont de nature différente, tant par leur configuration que par les finalités qu'elles poursuivent. Le Concile Vatican II a solennellement réaffirmé que « sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et l'Église sont indépendantes l'une de l'autre et autonomes ». Toutefois, l’intérêt actif que porte l’Église à la question sociale, c’est-à-dire à ce qui a pour fin un développement authentique de l’homme et de la société, de nature à respecter et à promouvoir la personne humaine dans toutes ses dimensions, s’est toujours manifesté de manières très diverses. C’est à la lumière de cette sagesse que peuvent s’analyser les rapports entre l’Église et l’État (I) ainsi que la reconnaissance d’une juste conception de laïcité au Bénin (II).

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