Le président de la transition au Tchad, Mahamat Idriss Déby, a décrété sept jours de deuil national en mémoire des victimes des manifestations du 20 octobre dernier. Ces jours de deuil commencent le mardi 25 octobre 2022 à minuit et prennent fin lundi 31 octobre à minuit. Elles sont observées sur l’ensemble du territoire national.
« Nous allons enterrer nos morts dans la douleur mais dans la dignité. Nous devons soigner nos blessés dans la solidarité. Un deuil de 7 jours sera observé sur toute l’étendue du territoire national à compter de mardi 25 octobre 2022 en mémoire de nos compatriotes morts au cours de ces évènements tragiques et regrettables », a indiqué le président tchadien lors d’une allocution télévisée dans la soirée de ce lundi.
Faut-il le rappeler, le 20 octobre dernier, à l’initiative de l’opposition et de la société civile, le Tchad a été témoin de manifestations violemment réprimées par les forces de l’ordre. Le bilan de ces affrontements, selon le gouvernement est de 50 morts et au moins 300 blessés.
Au motif, les manifestants contestaient la prolongation de deux ans de la période de transition politique et le maintien au pouvoir de Mahamat Idriss Deby. Cette prolongation a été l’une des décisions prises à l’issue du dialogue national inclusif souverain. Lesquelles assises ont été boycotées par l’opposition, la société civile et deux des groupes armés rebelles.
Selon le président Deby « Ce ne sont pas de simples manifestations mais une vraie insurrection minutieusement planifiée pour créer le chaos dans le pays ». Le général cinq étoiles de 38 ans a aussi ajouté que les initiateurs de ces heurts avaient pour ambition, une « volonté manifeste de déclencher une guerre civile » avant de les accuser d’avoir « froidement tué » des « civils » et « assassiné » des membres des forces de l’ordre « dans leurs casernes ».
Le fils de l’ancien président a par ailleurs indiqué que les organisateurs de ces manifestations « ont recruté et utilisé des groupes terroristes, paramilitaires pour opérer des assassinats gratuits de masse » au Tchad.
A noter que durant cette période de deuil national, les drapeaux sont mis en berne et toutes les activités à caractère festif sont interdites. Seules les prières et les musiques religieuses sont autorisées dans les médias et les lieux de culte.
Cette situation au Tchad fera objet d’un sommet extraordinaire à Kinshasa ce mardi 25 octobre. Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays d’Afrique centrale vont se pencher à huis clos sur ces manifestations devenues insurrection.






