Le kidnapping est un fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur dans certaines régions du Nigéria. Il est devenu un business pour les ravisseurs et un moyen de pression pour réclamer des rançons très élevées avant la libération des kidnappés. Cette pratique a des conséquences néfastes sur l’économie des familles, des commerces et des communautés surtout dans les régions les plus touchées. Dans le but de quantifier les dégâts causés par ce phénomène, le cabinet d’analyse SBM Intelligence a tenté de chiffrer le nombre d’enlèvement dans un récent rapport.
Au Nigeria, les causes d’insécurité et la nature des conflits varient d’une région à une autre. Parmi ces causes, le kidnapping qui est devenu une pratique récurrente et qui fait de nombreuses victimes. A travers tout le Nigéria, le recours au kidnapping est devenu un dénominateur commun et une source évidente d’insécurité. Ainsi, selon un rapport fait par le cabinet SBM Intelligence, entre juillet 2021 et juin 2022, près de 3 500 personnes ont été victime du kidnapping à travers le pays.
De fortes sommes d’argent et d’autres objets, rançonnés par les ravisseurs.
Après avoir commis leur acte de kidnapping, les ravisseurs réclament chez leurs victimes de fortes sommes d’argent. D’après les données recueillies par le cabinet SBM Intelligence, les demandes de rançon ont grimpé jusqu’à plus de 9,6 millions d’euros sur la période de juillet 2021 à juin 2022, et il est confirmé qu’au moins la somme d’un million d’euros a été versée aux ravisseurs. Mis à part ces données, une importante somme a été échangée contre la libération des passagers du train Kaduna-Abuja, attaqué le lundi 28 mars 2022. Près de 72 personnes ont été kidnappées lors de ce voyage. Mais presque la moitié de ces kidnappés ont été libérés, contre des sommes s’élevant à au moins 200 000 euros par personne, selon le rapport.
Cependant, à cause de l’appauvrissement général de la population nigériane, il arrive des fois que les ravisseurs exigent de la nourriture, des téléphones portables, des armes ou autre payement en nature de leurs victimes. Ces activités de kidnapping, mettent une barrière au commerce et empêchent les investissements dans les zones les plus touchées.
Les prêtres catholiques aussi ciblés par les activités de kidnapping.
Mis à part les citoyens, les prêtes catholiques sont aussi victime de cette insécurité galopante. L’objectif de ces ravisseurs est d’obtenir une forte somme chez les fidèles de l’église. Le rapport de SBM Intelligence souligne aussi que cette nouvelle tendance est en train d’émerger, probablement avec l’espoir que l’Église catholique aura « la capacité financière » de payer pour les faire libérer.
Charbel Ahouandjinou (stag).





